3. Visite à l'atelier de Walter Barrientos

(Visita al taller de Walter Barrientos)

 

Visite à l’atelier de Walter Barrientos, 13 et 20 janvier 2011, en deux groupes de 17 élèves (bilan élaboré à partir des interventions orales des élèves)

L’atelier se situe au 11 de la rue du Collège de Foix que nous avons rejoint par le tram et le métro jusqu’au Capitole. Nous sommes arrivés comme prévu vers huit heures et demie.

L’artiste nous attendait et nous a raconté qu’il est né dans une partie très isolée du Pérou, à 4500 mètres d’altitude, et a eu une enfance paysanne, vivant avec des bergers, en transhumance : avec ses compagnons, ils construisaient des cabanes où ils vivaient pendant l’été, puisque les bêtes paissaient loin du village. Parfois ils allaient dans des régions où ils vivaient dans des grottes, et dans sa mémoire se sont gravé des images fantasmagoriques formées par les ombres des personnes qui faisaient le repas autour du feu, et au cours de la conversation, leur gestes étaient reportés sur les parois de la caverne, avec le mouvement, ce qui donnait des résultats qui allaient de la géométrie aux formes les plus bizarres.

Tel a été son premier contact avec le graphisme, ou le dessin. Ensuite, vint l’école secondaire et le départ pour la ville, à 15 ans, et après le lycée, Lima et le concours d’entrée aux Beaux Arts d’où il est sorti professeur de gravure à l’école d’art de Cuzco.

Une bourse le conduit en France, pour étudier à Montpellier, où il est resté ensuite comme professeur de lithographie, et peu à peu il est resté car il trouvait où exposer ses œuvres. Voilà Vingt ans qu’il vit en France.

Cuzco a été la capitale des Incas, ce qui en fait un lieu fondamental pour les cultures andines, puisque le pouvoir le plus important de la région au moment de l’invasion espagnole était là, quoique la population de la région où est né Walter ne s’était pas non plus soumise aux Incas, à l’époque. L’architecture à base de grandes pierres qui pèsent jusqu’à 60 tonnes, parfaitement enchâssées les unes dans les autres, est la base de la construction de toute la région de Cuzco. Après la fin de la conquête, les Espagnols ont évangélisé les Andins, qui à présent mélangent dans leurs croyances le christianisme et leur foi antérieure et ancestrale. En art aussi on trouve ce mélange d’inspirations, ce qui a fait de la peinture religieuse de Cuzco l’une des plus représentatives de la culture métisse : thème chrétien orné de motifs floraux locaux, saints d’origine juive aux traits andins, motifs de la foi chrétienne avec des motifs précolombiens.

 

Au début de sa carrière de peintre, Walter s’est inspiré du Pérou, des Andes, de l’art inca. Mais plus avant il a recherché quelque chose de plus personnel, et mélange la peinture avec la reconversion de matériaux variés, beaucoup de papier, qui est la matière noble qui a permis l’expansion du savoir. Il ramasse des vieux papiers, des cartons, et il en fait la matière première de ses tableaux. Il les colle et les retravaille à la gouge, il mélange diverses techniques.

Il grave toujours quoique moins qu’autrefois. La gravure est une très belle technique qui permet d’éditer à plusieurs exemplaires la même œuvre, mais chaque papier donnera quelque chose de légèrement différent, car il y a beaucoup de variables dans les techniques traditionnelles qui ont été supprimées par l’informatisation.

Walter dans la plupart de ses œuvres fait figurer des animaux, car il se souvient de son enfance de berger andin, et pour lui, la présence animale est très importante, c’est une part entière de sa vie.

Il a fait une démonstration de la technique de reproduction par gravure sur sa presse.

Il avait porté, sachant que la 2TH1 venait du lycée hôtelier avec l’objectif de préparer un repas péruvien (pour décorer la salle de restaurant il nous a prêté une gravure représentant une joyeuse tête de mort rose qui s’intitule Tendre, car le deuxième groupe de visite avait été très frappé par ce motif), des maïs de couleurs différentes, l’un gris que l’on mange grillé, un autre à taches blanches et rouges que l’on égrène dans la soupe, un autre blanc que l’on mange en purée, et le dernier rouge qui fait la meilleure chicha. C’est une boisson fermentée dans le genre de la bière, que l’on consomme dans les Andes, et que l’on fait à base de maïs germé puis écrasé et fermenté.

Il a aussi montré plusieurs plantes aromatiques, parmi lesquelles le mystérieux huacatay si souvent mentionné dans les livres de recettes péruviens.

 

 

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par admin hotellerie-tourisme le 23 nov. 2011 à 15:21

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